PEA : L’outil d’épargne le plus mal compris des français ?
Avec plus de 7 millions de plans ouverts, le Plan d’Épargne en Actions (PEA) est loin d’être un produit confidentiel. Pourtant, il reste largement sous-utilisé par rapport à d’autres solutions d’épargne comme le Livret A.
Alors que près de 470 milliards d’euros dorment encore sur les comptes courants des Français, le PEA apparaît comme un outil particulièrement intéressant pour investir sur le long terme tout en bénéficiant d’un cadre fiscal avantageux.
Pour mieux comprendre les freins, les opportunités et les évolutions autour du PEA, Parlons Finance a rencontré le Directeur France de XTB, Daniel Gravier. Ensemble, nous avons abordé les idées reçues, la fiscalité, les erreurs fréquentes des investisseurs ainsi que la vision de XTB pour démocratiser l’investissement en France.
Le PEA existe depuis longtemps, pourtant il reste peu utilisé. Pourquoi autant de Français passent encore à côté du PEA aujourd’hui ?
Avec environ 7,2 millions de plans ouverts en France, le PEA est loin d’être un outil délaissé par les épargnants.
Toutefois, la comparaison avec le Livret A reste frappante : le nombre de livrets ouverts est bien supérieur (58 millions de livrets), et surtout, le montant total des encours en 2024 sur le Livret A (432 milliards d’euros) écrase celui du PEA (114 milliards d’euros).
Un autre indicateur est particulièrement révélateur : selon les dernières données, les Français conservent 470 milliards d’euros qui ne sont absolument pas investis et qui dorment sur des comptes courants.
Le véritable frein ne réside donc pas dans le PEA lui-même, mais dans une problématique plus globale : le rapport complexe des Français à la gestion active de leur patrimoine.
Beaucoup pensent que le PEA est réservé aux investisseurs « experts ». Est-ce une idée reçue ? À qui s’adresse réellement le PEA ?
Absolument pas.
Le Plan d’Épargne en Actions (PEA) est un outil accessible à tous, conçu pour encourager le plus grand nombre à investir dans des titres européens et ainsi soutenir l’économie réelle.
Il permet d’investir dès quelques euros sur des actions ou des ETF, et son utilisation ne nécessite pas forcément des connaissances techniques avancées.
L’investisseur reste autonome dans le choix de ses titres, qu’ils soient plus ou moins volatils selon son profil et ses objectifs.
Son principal atout demeure son avantage fiscal : après cinq ans de détention, les gains réalisés sont exonérés d’impôt sur le revenu.
Entre PEA, assurance-vie et compte-titres, comment expliquer simplement le rôle du PEA dans une stratégie d’investissement ?
Parmi ces trois enveloppes d’investissement, deux éléments sont essentiels : la fiscalité et les limites de dépôt.
L’assurance-vie et le PEA permettent toutes deux de bénéficier d’avantages fiscaux, que ce soit pour l’investissement ou la transmission patrimoniale.
Le PEA est toutefois plafonné à 150.000 euros de versements.
Le compte-titres offre quant à lui une liberté totale, sans plafond ni restriction particulière sur les actifs investissables.
Le PEA représente ainsi un excellent compromis : il combine la souplesse d’investissement d’un compte-titres avec une fiscalité avantageuse proche de celle de l’assurance-vie.
Pour de nombreux épargnants, il constitue un pilier incontournable dans la construction d’un patrimoine financier.
D’un point de vue fiscal, le PEA est souvent présenté comme très avantageux. Quels sont ses vrais atouts, mais aussi ses limites ?
Le principal avantage du PEA réside dans sa fiscalité.
Après cinq ans de détention, les gains réalisés, y compris les dividendes, sont exonérés d’impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux restent dus.
Un point souvent méconnu : le délai de cinq ans démarre à la date du premier versement et non à la date d’ouverture du compte.
Le dispositif comporte néanmoins certaines limites :
- Un univers d’investissement restreint à des actifs éligibles.
- Un plafond de versement fixé à 150.000 euros.
Malgré ces contraintes, le PEA demeure l’un des outils les plus efficaces pour investir sur le long terme.
Le PEA souffre parfois d’une image « rigide » ou « complexe ». Qu’est-ce qui freine concrètement les investisseurs ?
La principale difficulté concerne aujourd’hui le transfert d’un PEA existant entre deux établissements financiers.
En l’absence de délai réglementaire précis, les transferts peuvent parfois s’avérer longs et complexes.
Pour les nouveaux investisseurs, en revanche, l’ouverture d’un PEA est devenue relativement simple, notamment grâce aux plateformes en ligne qui ont largement simplifié les démarches.
XTB a lancé un PEA à 0 % de commission. Pourquoi ce choix ?
Le PEA existe depuis plus de trente ans et est déjà détenu par plusieurs millions de Français.
Pourtant, il reste encore largement sous-utilisé.
Face à ce constat, XTB a souhaité proposer une offre particulièrement compétitive afin de favoriser son adoption.
Cette stratégie semble porter ses fruits puisque plus de 10.000 nouveaux PEA ont été ouverts chez XTB un an seulement après son lancement.
L’objectif est clair : démocratiser l’investissement en bourse grâce à un produit simple, accessible et fiscalement attractif.
En quoi le PEA XTB se différencie-t-il des offres des banques traditionnelles ?
Le premier élément différenciant est sa tarification particulièrement compétitive.
XTB mise également sur une application intuitive permettant aux nouveaux investisseurs de naviguer facilement parmi les différents produits financiers.
L’entreprise met également en avant un accompagnement humain avec des équipes joignables par téléphone et la possibilité de rencontrer des conseillers dans ses bureaux parisiens.
Pour quelqu’un qui ouvre un PEA aujourd’hui, par où commencer ?
XTB ne fournit pas de conseils en investissement.
Toutefois, tout investisseur devrait commencer par définir ses objectifs personnels :
- Les secteurs qui l’intéressent.
- Les zones géographiques qu’il souhaite privilégier.
- Son horizon d’investissement.
- Son niveau de tolérance au risque.
L’essentiel reste de construire une diversification cohérente, basée sur de véritables convictions d’investissement.
Quelles sont les erreurs les plus fréquentes commises par les particuliers ?
Selon XTB, la principale difficulté est psychologique.
De nombreux investisseurs imaginent que passer un premier ordre en bourse est compliqué.
Dans la réalité, l’opération est souvent aussi simple qu’effectuer un virement bancaire ou ajouter un bénéficiaire sur son compte.
La plupart des investisseurs réalisent ensuite que la difficulté était davantage mentale que technique.
Et beaucoup regrettent finalement de ne pas avoir commencé plus tôt.
Dans un contexte économique incertain, le PEA reste-t-il pertinent ?
Oui, plus que jamais.
Pour le Directeur France de XTB, le PEA demeure un outil incontournable dans toute stratégie patrimoniale de long terme.
Son avantage fiscal constitue à lui seul un argument majeur.
Mais il offre également une grande flexibilité : rien n’oblige l’investisseur à investir immédiatement l’intégralité de son capital.
Chacun peut avancer à son rythme et saisir les opportunités lorsque les conditions de marché lui paraissent favorables.
Conclusion
Alors que des centaines de milliards d’euros restent aujourd’hui non investis sur les comptes courants des Français, le PEA apparaît comme l’un des véhicules les plus efficaces pour préparer son avenir financier. Accessible, fiscalement avantageux et adapté à une stratégie de long terme, il reste pourtant méconnu ou mal compris par une grande partie de la population.
Comme le rappelle le Directeur France de XTB au cours de cet entretien, le plus difficile n’est souvent pas d’investir… mais de faire le premier pas.