Le dollar démarre 2026 en hausse après sa pire année depuis huit ans
Taux d’intérêt, Fed et incertitudes politiques au cœur des marchés de change
Après une année 2025 particulièrement difficile, le dollar américain entame 2026 sur une note plus ferme. Le billet vert progresse légèrement en ce début d’année, rebondissant après sa plus forte chute annuelle depuis huit ans, dans un contexte marqué par les anticipations de politique monétaire et les incertitudes politiques aux États-Unis.
2025 : une année noire pour le billet vert
En 2025, l’indice dollar qui mesure la devise américaine face à un panier de grandes monnaies a reculé de 9,4 %, sa pire performance annuelle depuis 2017.
Plusieurs facteurs ont pesé sur la devise américaine :
- la réduction de l’écart de taux d’intérêt entre les États-Unis et les autres grandes économies,
- les inquiétudes autour du déficit budgétaire américain,
- le retour des craintes liées à une guerre commerciale mondiale,
- et surtout, les doutes concernant l’indépendance de la politique monétaire américaine.
Résultat : l’euro a progressé de 13,5 % en 2025, sa meilleure performance annuelle depuis 2017, tandis que la livre sterling a gagné près de 7,7 % sur la même période.
Début 2026 : un rebond technique, mais fragile
Lors de la première séance de 2026, le dollar s’est apprécié d’environ 0,2 %, profitant de positions plus prudentes des investisseurs en attendant les prochaines données macroéconomiques américaines.
Les marchés restent toutefois peu liquides en ce début d’année, notamment en raison de la fermeture des places asiatiques au Japon et en Chine.
Selon un stratégiste de Danske Bank, l’activité devrait réellement reprendre avec la publication d’un calendrier économique plus dense dès la semaine prochaine.
Les données américaines très attendues
L’attention des investisseurs se concentre désormais sur les chiffres de l’emploi américain, qui seront déterminants pour anticiper la trajectoire des taux directeurs en 2026.
Les marchés intègrent actuellement deux baisses de taux de la Fed cette année, alors que la banque centrale américaine n’en anticipait officiellement qu’une seule, dans un contexte interne de plus en plus divisé.
Les analystes de Goldman Sachs estiment d’ailleurs que les risques sur les taux restent orientés à la baisse, en raison des incertitudes politiques croissantes autour de la banque centrale.
La Fed sous pression politique
Un autre élément clé pour le dollar en 2026 sera la nomination du prochain président de la Réserve fédérale.
Le mandat de Jerome Powell arrivant à échéance en mai, Donald Trump a annoncé qu’il dévoilerait son choix dès ce mois-ci.
Les investisseurs s’attendent à la nomination d’un profil plus accommodant, susceptible de soutenir une politique monétaire plus souple un facteur qui pourrait, à terme, peser à nouveau sur le dollar.
Le yen reste à la traîne
Contrairement à l’euro et à la livre, le yen japonais demeure l’exception parmi les grandes devises.
En 2025, il n’a progressé que de moins de 1 % face au dollar et reste proche de ses plus bas niveaux en dix mois.
Malgré deux hausses de taux en 2025, la Banque du Japon a déçu les marchés par son approche jugée trop prudente. Les investisseurs n’anticipent désormais une nouvelle hausse des taux qu’à la fin de 2026, ce qui limite le potentiel de rebond du yen à court terme
Conclusion
Le rebond du dollar en ce début d’année 2026 ressemble davantage à un réajustement technique qu’à un véritable retournement de tendance.
La trajectoire du billet vert dépendra largement :
- de l’évolution du marché de l’emploi américain,
- des décisions de la Fed,
- et du climat politique autour de son indépendance.
Dans un environnement où les banques centrales restent sous pression et où les déséquilibres budgétaires persistent, la volatilité sur le marché des devises devrait rester élevée en 2026.