La dette publique, un défi économique et politique en France

La dette publique, un défi économique et politique en France
Publié le 10 octobre 2025 par Nour Zeghdoud

La France traverse actuellement une période de turbulences marquées, à la fois sur le plan politique et sur le plan budgétaire. Depuis la rentrée, l’actualité nationale a été rythmée par des événements majeurs qui témoignent d’un climat de forte instabilité. La démission du nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, suivie de sa reconduction à ce même poste, illustre la tourmente politique actuelle et met en lumière l’ampleur des défis auxquels le pays fait face.

Afin d’apporter un éclairage complémentaire sur ces enjeux, une partie de ce travail s’appuiera également sur une interview, permettant de confronter l’analyse aux regards et aux témoignages d’acteurs concernés.

En effet, le gouvernement doit simultanément gérer une crise budgétaire profonde et un endettement public de plus en plus préoccupant, deux défis qui interrogent la capacité de l’exécutif à restaurer la confiance et à assurer une trajectoire économique viable.

La dette publique correspond à l’ensemble des emprunts contractés par les administrations publiques (État, collectivités locales, Sécurité sociale) pour financer leurs déficits. Autrement dit, lorsqu’un gouvernement dépense plus qu’il ne perçoit en recettes (impôts, taxes), il doit emprunter pour combler la différence. Cette dette est souvent exprimée en pourcentage du Produit Intérieur Brut (PIB), un indicateur de la richesse produite par un pays.

Historique de la dette publique française

La dette publique française est restée relativement faible jusqu’au début des années 1970. Pendant les Trente Glorieuses, entre 1945 et 1973, la forte croissance économique permettait à l’État de financer ses dépenses sans recourir massivement à l’emprunt. À cette époque, la dette représentait généralement moins de 20 % du produit intérieur brut (PIB), et l’équilibre budgétaire était relativement bien maintenu.

L’année 1992 marque un moment important avec la signature du traité de Maastricht, qui fixe un critère de convergence pour les pays de la zone euro : la dette publique ne doit pas dépasser 60 % du PIB. Cet objectif devient une référence majeure pour les finances publiques françaises. À la fin des années 1990, une embellie économique permet un ralentissement de la croissance de la dette. En 2001, juste avant l’introduction des billets et pièces en euros, la dette publique française se stabilise autour de 57 % du PIB.

Cependant, cette tendance ne dure pas. À partir de 2008, la crise financière mondiale provoque une nouvelle hausse spectaculaire de la dette. Pour relancer l’économie et soutenir les banques et les entreprises, l’État engage des dépenses exceptionnelles. En conséquence, la dette passe de 65 % du PIB en 2007 à près de 80 % en 2009. Ce niveau élevé se maintient dans les années suivantes, malgré plusieurs réformes et efforts de maîtrise budgétaire.

Niveau actuel de la dette française

En 2025, la dette publique française atteint un niveau historique, s’élevant à environ 3 345 milliards d’euros, ce qui représente près de 114 % du produit intérieur brut (PIB). Ce chiffre inclut l’ensemble des administrations publiques : l’État, les collectivités territoriales, la Sécurité sociale et les organismes divers d’administration centrale. Cette situation place la France parmi les pays les plus endettés de la zone euro, derrière la Grèce et l’Italie, mais loin devant la moyenne européenne, qui oscille autour de 88 % du PIB.

Source: Figaro

Cette dette, qui avait fortement augmenté durant la pandémie de COVID-19, continue de croître en raison des déficits budgétaires persistants, de la hausse des taux d’intérêt et des dépenses publiques importantes. Malgré plusieurs tentatives de réduction, le poids de la dette reste un enjeu majeur pour les finances publiques françaises et alimente les débats sur la soutenabilité budgétaire à long terme.

Les causes principales de l’endettement

Depuis plus de quarante ans, la France enregistre des déficits budgétaires quasi ininterrompus, les dépenses publiques notamment celles liées à la fonction publique, aux retraites, à la santé ou à l’éducation dépassant régulièrement les recettes fiscales. À cela s’ajoutent les nombreuses crises économiques survenues au cours des dernières décennies, comme la crise financière de 2008, la crise de la zone euro en 2011, ou encore la pandémie de COVID-19 en 2020, qui ont contraint l’État à engager des dépenses exceptionnelles pour soutenir l’économie, via des plans de relance, des aides aux entreprises ou le financement du chômage partiel.

Enfin, un autre facteur aggravant réside dans l’évolution des taux d’intérêt : après avoir longtemps profité de conditions d’emprunt très favorables, voire de taux négatifs, la France fait face depuis 2022 à une remontée brutale des taux imposée par la Banque centrale européenne pour contenir l’inflation, ce qui alourdit considérablement le coût du service de la dette.

Pourquoi cela pose-t-il problème ?

  • Moins de marge de manœuvre budgétaire : Une partie croissante du budget est consacrée au remboursement de la dette et au paiement des intérêts (plus de 50 milliards d’euros en 2025).
  • Risque de perte de confiance des marchés : Si les investisseurs doutent de la capacité de la France à rembourser, ils exigeront des taux d’intérêt plus élevés.
  • Pression sur les services publics : Pour réduire la dette, l’État peut être contraint de réduire ses dépenses, ce qui peut affecter les services publics ou les aides sociales.

Les solutions envisagées

  1. Réduction des dépenses publiques : Le gouvernement envisage des réformes structurelles, comme la réforme des retraites ou la réduction des niches fiscales.
  2. Relance de la croissance économique : Une croissance plus forte permet d’augmenter les recettes fiscales sans augmenter les impôts.
  3. Lutte contre la fraude et l’évasion fiscale : Mieux contrôler les recettes fiscales pourrait aussi améliorer la situation.

Interview

Afin d’enrichir cette analyse par un point de vue extérieur, nous avons choisi de donner la parole à un citoyen (ou autre profil selon ton choix). Voici les questions posées lors de l’entretien :

  • Pouvez-vous nous dire quelle est votre situation actuelle ?
  • Quel métier exercez-vous ?
  • Face à la situation politique actuelle, en quoi êtes-vous personnellement impacté ?
  • Avez-vous constaté une baisse de votre pouvoir d’achat ces derniers mois ?
  • Êtes-vous inquiet de l’évolution de la dette publique française ?
  • L’instabilité politique en France suscite-t-elle chez vous des craintes particulières ?
  • De plus en plus de Français envisagent l’expatriation : est-ce une option que vous pourriez envisager ?
  • Enfin, si vous aviez un message à adresser au président de la République, lequel serait-il ?

Conclusion

Âgés en moyenne de 25 ans, les jeunes interrogés travaillent dans des secteurs variés du social à la banque, en passant par le consulting, l’informatique ou la fonction publique. Tous partagent pourtant le même constat : une inquiétude grandissante face à l’avenir économique du pays. Avec un salaire moyen de 1 400 €, ces jeunes actifs assument leurs dépenses seules, le loyer étant souvent la charge la plus lourde. « On voit clairement notre pouvoir d’achat baisser », témoigne une consultante de 24 ans.

Quatre sondés sur cinq envisagent l’expatriation, en Europe ou à l’international. Une envie motivée par « le clivage social et économique » ressenti en France. Le message qu’ils adressent au président est sans détour : Emmanuel Macron doit « prendre plus le temps d’écouter ses citoyens » et mesurer les difficultés du quotidien.