Gestion d’actifs : Waterloo Asset Management grandit
Plus de 130 comptes ouverts en 2026, près d’un milliard d’euros d’actifs sous gestion et une équipe qui continue de se renforcer.
Waterloo Asset Management poursuit son développement autour d’un modèle de gestion d’actifs qui associe indépendance, gestion active et proximité. Entretien avec Jérémie Pulinx, cofondateur et administrateur, sur les choix qui font l’identité de cette maison.

Parlons Finance — Plus de 130 comptes ouverts depuis janvier. Que vous inspire cette dynamique ?
Jérémie Pulinx — Pour une maison à taille humaine comme la nôtre, c’est un signe de confiance très encourageant. Derrière chaque ouverture de compte, il y a une personne, une famille, parfois le patrimoine constitué au cours de toute une carrière. Nous mesurons ce que cette décision représente.
Cette dynamique s’appuie sur une entreprise qui s’est structurée. Nous connaissons une progression de notre chiffre d’affaires de plus de 15 % par an ces dernières années, une dynamique qui devrait encore s’accélérer cette année. Notre fonds Waterloo Global Flexible, récompensé en 2026 par L’Echo et De Tijd comme meilleur fonds flexible, dépasse aujourd’hui les 300 millions d’euros d’actifs sous gestion. Plus largement, la progression des actifs dans l’ensemble de nos fonds nous permet d’envisager de franchir le cap du milliard d’euros avant 2030, l’échéance que nous nous étions initialement fixée.
Je crois que notre développement traduit une attente assez simple : pouvoir confier son patrimoine à des professionnels expérimentés, comprendre leurs décisions et savoir à qui parler.
Parlons Finance — Vous revendiquez une gestion active et de conviction. Qu’est-ce que cela change concrètement ?
Jérémie Pulinx — Cela signifie que nous assumons des choix. Nous analysons l’environnement économique, la valorisation des entreprises et les risques, puis nous décidons de l’exposition que nous jugeons appropriée. Nous gardons la liberté de nous écarter des indices lorsque notre analyse le justifie.
Dans un secteur où une partie de l’offre tend à se standardiser, nous tenons à cette responsabilité. Une conviction peut conduire à renforcer une position, mais aussi à réduire le risque ou à renoncer à une opportunité dont le prix nous paraît excessif.
Cette liberté exige de la discipline. Une conviction doit pouvoir être discutée au sein du comité d’investissement, confrontée aux données et révisée lorsque les faits changent. C’est ainsi que nous concevons notre métier.
Parlons Finance — Vous dites souvent que vos clients veulent « un pilote dans l’avion ». Que recouvre cette image ?
Jérémie Pulinx — J’utilise volontiers l’image de l’aviation privée. On attend d’un équipage expérimenté qu’il prépare le trajet, surveille les conditions et adapte sa route pour éviter autant que possible les turbulences. Nos clients veulent savoir qu’une équipe suit leur portefeuille et prend des décisions lorsque l’environnement évolue.
Notre gestion flexible répond à cette attente. Elle vise à faire croître le capital sur la durée en accordant une attention centrale à la maîtrise de la volatilité. Elle peut adapter la place des actions, des obligations et des liquidités selon notre lecture des marchés.
Ce sont la construction du portefeuille, la diversification et l’ajustement des expositions qui encadrent nos convictions. Pour le client, l’enjeu est de pouvoir rester investi dans une stratégie dont il comprend les objectifs et les risques.
Parlons Finance — Votre comité d’investissement associe des professionnels des marchés et des universitaires. Quel bénéfice en tirez-vous ?
Jérémie Pulinx — Ce dialogue est une composante forte de notre modèle. Mikael Petitjean, professeur à l’UCLouvain et Chief Economist de Waterloo Asset Management, apporte notamment son expertise macroéconomique. Christophe Desagre, professeur de finance à l’ICHEC et responsable de la recherche quantitative, contribue au développement de nos modèles et à l’analyse des données. Leurs travaux nourrissent les échanges avec nos professionnels de marché, dont Frédéric Steinkuhler, responsable des investissements.
Cette proximité avec le monde académique nous permet également de proposer à des étudiants brillants des projets de recherche appliquée. Deux étudiants travaillent actuellement à l’amélioration de notre modèle quantitatif, en collaboration avec Mikael Petitjean et Frédéric Steinkuhler, dans le cadre des recherches dirigées par Christophe Desagre.
Nous y voyons une façon de faire progresser nos outils et de confronter notre expérience à de nouvelles approches. La recherche doit avoir une utilité concrète pour la gestion.
Parlons Finance — La gestion flexible occupe une place centrale chez vous. Quelles autres approches proposez-vous ?
Jérémie Pulinx — La gestion flexible peut constituer le cœur d’un portefeuille pour un client qui recherche une croissance de son patrimoine avec une attention particulière portée aux fluctuations. Pour les profils plus conservateurs, nous proposons également une gestion obligataire, qui vise à privilégier une exposition aux marchés de taux et à limiter la volatilité du portefeuille.
D’autres clients souhaitent une exposition plus dynamique. Notre gestion de conviction à vocation 100 % actions repose sur une sélection de titres individuels au sein d’un fonds. Elle vise à créer de la surperformance sur la durée, avec les risques et les fluctuations propres aux marchés d’actions.
Nous proposons également une gestion durable pour les clients qui souhaitent intégrer des critères d’investissement socialement responsable, ainsi qu’une gestion en ETF. Ces outils ont leur place dans notre offre : l’utilisation de supports indiciels peut parfaitement s’inscrire dans des décisions actives d’allocation.
Le point de départ reste toujours la situation du client, son horizon et sa capacité à accepter le risque. C’est à partir de là que nous construisons une solution cohérente.
Parlons Finance — Comment préserver une relation personnelle lorsque le nombre de clients augmente ?
Jérémie Pulinx — En faisant de la disponibilité un choix d’organisation. Nous veillons au nombre de relations suivies par chaque banquier privé et nous renforçons les équipes pour accompagner le développement de la maison.
Nos senior private bankers ont vingt à vingt-cinq ans d’expérience au minimum. Ils ont traversé différents cycles de marché et connaissent les questions qui se posent lorsqu’un patrimoine grandit, qu’une entreprise est cédée ou qu’une transmission se prépare. Cette expérience compte beaucoup dans la qualité du dialogue.
Le client doit pouvoir joindre quelqu’un qui connaît sa situation et qui prend le temps de lui répondre. Nous voulons conserver cette proximité à mesure que nous grandissons.
Parlons Finance — Quelles valeurs se traduisent le plus directement dans votre fonctionnement ?
Jérémie Pulinx — L’esprit d’équipe, la transparence et la passion de notre métier. Nous avons fait le choix d’objectifs communs, sans objectifs commerciaux individuels. Chacun doit pouvoir contribuer à la qualité du service, qu’il appartienne au comité d’investissement, à l’équipe de banquiers privés ou aux fonctions de support.
Cette culture favorise le partage des connaissances et la coopération. Nous voulons que les compétences circulent au bénéfice du client.
L’indépendance est également essentielle : elle nous donne la liberté de construire notre projet dans la durée. Et nous tenons à l’alignement des intérêts. Nous investissons nous-mêmes dans nos stratégies, comme le font une grande majorité de nos collaborateurs. Cet engagement personnel donne un sens très concret aux discussions que nous avons avec nos clients sur le risque et l’horizon d’investissement.
Parlons Finance — Cette culture explique-t-elle aussi l’intérêt de banquiers expérimentés pour votre maison ?
Jérémie Pulinx — C’est l’une des raisons qu’ils évoquent. Ils souhaitent exercer pleinement leur métier, avoir un rôle actif dans le développement de la société et entretenir une relation suivie avec leurs clients. Dans une structure comme la nôtre, leur expérience peut directement contribuer aux décisions et à la qualité du service.
Nous accordons aussi une place importante à la transmission. Des professionnels très expérimentés continuent à apporter leur connaissance des marchés, leur recul et leur sens de la relation. Nous souhaitons que les plus jeunes puissent bénéficier de ce savoir.
Pour nous, la responsabilité d’une entreprise se manifeste aussi dans la manière dont elle considère ses collaborateurs et valorise leurs compétences. L’expérience reste une ressource précieuse à chaque étape d’une carrière.
Parlons Finance — Vous insistez sur la simplicité. Comment se traduit-elle dans vos investissements et votre communication ?
Jérémie Pulinx — Nous privilégions des investissements liquides, compréhensibles et une diversification entre les secteurs de l’économie. La technologie peut offrir des opportunités, mais notre champ d’analyse couvre l’ensemble des activités économiques. Nous voulons que chaque investissement ait une justification claire dans le portefeuille.
Cette exigence se prolonge dans la communication. Nos clients doivent comprendre ce qu’ils détiennent, les risques qu’ils prennent et les raisons de nos arbitrages. Nous consacrons donc beaucoup de temps aux échanges individuels et aux analyses. Nous les aidons également dans leur planification patrimoniale, afin de mettre en perspective leurs investissements avec leurs objectifs à long terme, leur situation familiale, la transmission de leur patrimoine et leurs besoins futurs.
La confiance se construit aussi dans cette capacité à expliquer nos choix et à accompagner les clients dans les différentes étapes de leur vie patrimoniale, y compris lorsque les marchés deviennent plus difficiles.
Parlons Finance — Quelle est votre ambition pour les prochaines années ?
Jérémie Pulinx — Notre ambition est d’atteindre un milliard d’euros d’actifs sous gestion à l’horizon 2030, en renforçant l’équipe, la recherche et l’accompagnement des clients. Notre ancrage en Belgique francophone nous offre encore un potentiel de développement important.
Nous continuons à recruter des professionnels qui partagent cette conception du métier. La croissance nous donne les moyens d’investir dans nos compétences et nos outils ; elle doit se traduire par un service toujours plus attentif.
À une personne qui envisage de nous rejoindre, je conseillerais de venir rencontrer l’équipe. Choisir un gestionnaire, c’est aussi choisir les personnes à qui l’on confie ses décisions patrimoniales. Nous voulons qu’elle puisse comprendre notre manière de travailler et se faire sa propre conviction.