FOMC : ce qu’il faut savoir avant la réunion de juillet

FOMC : ce qu’il faut savoir avant la réunion de juillet
Publié le 21 juillet 2026 par Marc Khoueiry

Le 29 juillet à 20 heures, heure de Paris, la Réserve fédérale américaine annoncera sa décision sur les taux d’intérêt. Ce rendez-vous, le cinquième de l’année pour le FOMC, mérite une attention particulière pour trois raisons.

C’est la deuxième réunion présidée par Kevin Warsh depuis son entrée en fonction. Le marché ne s’attend plus à une baisse des taux mais commence à intégrer une probabilité de hausse. Et l’inflation reste installée au-dessus de la cible de la Fed.

Un nouveau président, un nouveau ton

Kevin Warsh a pris la tête de la Fed en juin. Son style tranche déjà avec celui de ses prédécesseurs. Lors du forum annuel de la BCE à Sintra début juillet, il a résumé sa doctrine en une phrase : le choc lié aux investissements dans l’intelligence artificielle provoque un boom des dépenses, et la question centrale pour 2026 est de savoir s’il est inflationniste ou non. Autrement dit, la Fed ne sait pas encore si les milliards dépensés par les géants technologiques dans les centres de données et les puces vont se traduire par une hausse durable des prix ou par un simple ajustement temporaire.

Warsh a aussi annoncé vouloir réduire le forward guidance, cette pratique qui consiste à donner des indications précises sur la trajectoire future des taux. Il préfère une communication plus sobre, qui laisse davantage de marge de manœuvre à chaque réunion. Pour les investisseurs habitués aux signaux détaillés de l’ère Powell, ce changement de style demande un temps d’adaptation.

Pourquoi le marché ne parie plus sur une baisse

Il y a encore quelques semaines, un rapport sur l’emploi américain plus faible que prévu avait fait bondir Wall Street, les investisseurs y voyant le signe d’un assouplissement monétaire à venir. La logique est simple à comprendre. Quand l’emploi ralentit, la Fed a moins de raisons de maintenir des taux élevés pour freiner l’économie. Moins de pression sur l’emploi, potentiellement plus de marge pour baisser les taux.

Mais cette lecture a été rattrapée par les chiffres d’inflation. Le dernier indice des prix à la consommation ressort autour de 4,2 pour cent, largement au dessus de l’objectif de 2 pour cent que vise la Fed depuis des années. Résultat, les contrats à terme sur les taux affichent aujourd’hui une probabilité d’environ 83 pour cent que la Fed maintienne son taux directeur dans la fourchette actuelle de 3,50 à 3,75 pour cent, et une probabilité proche de 17 pour cent d’une hausse vers 3,75 à 4,00 pour cent. Une baisse n’est quasiment plus envisagée par le marché à ce stade.

Ce qui manque à cette réunion

Contrairement aux réunions de mars, juin, septembre et décembre, celle de juillet ne s’accompagne pas de nouvelles projections économiques ni du fameux dot plot, ce graphique qui montre où chaque membre du comité voit les taux se situer dans les mois et années à venir. Sans cet outil, les investisseurs devront se contenter du communiqué officiel et des propos tenus par Warsh lors de la conférence de presse pour deviner l’orientation de la politique monétaire.

Trois éléments à surveiller le 29 juillet

Le communiqué lui-même, d’abord. La formulation exacte sur l’inflation et le marché du travail sera disséquée mot par mot, comme à chaque réunion.

Le ton de la conférence de presse, ensuite. Warsh a montré à Sintra qu’il pouvait rester prudent sans trancher. Reste à voir s’il maintient cette ambiguïté ou s’il commence à préparer les marchés à une posture plus restrictive.

Et la réaction du dollar, des taux longs et des actions américaines. Un statu quo accompagné d’un ton ferme pourrait soutenir le dollar et peser sur les valeurs de croissance, particulièrement sensibles au niveau des taux d’intérêt.

Pourquoi cela compte, même si vous n’investissez pas en dollars

Les décisions de la Fed ne restent jamais confinées aux frontières américaines. Un dollar plus fort renchérit les importations pour les pays qui achètent en dollars, notamment les matières premières. Les taux américains influencent aussi les taux européens par ricochet, et donc le coût du crédit pour les entreprises et les ménages sur le Vieux Continent. Suivre le FOMC, ce n’est donc pas seulement suivre l’Amérique, c’est suivre un thermomètre pour l’ensemble de l’économie mondiale.

Sources

Rankia, Prochaine réunion de la Fed : calendrier et taux juillet 2026

Investing.com, Baromètre des taux de la Fed

Proximité Courtage, Actualités financières au 6 juillet 2026

NewTrading, Taux Fed et calendrier des réunions FOMC 2026