ETF ou stock picking : qui gagne vraiment sur 20 ans ?
Chaque investisseur finit un jour par se poser la question. D’un côté, les ETF promettent une performance proche du marché avec peu d’efforts. De l’autre, le stock picking offre la possibilité de battre les indices en sélectionnant les meilleures entreprises.
Sur le papier, choisir les futurs Apple, Microsoft ou Nvidia semble plus séduisant que posséder simplement « le marché ».
Mais que disent réellement les statistiques sur une période de 20 ans ?Avant de continuer, un grand merci à notre sponsor Trade Republic pour son soutien 🤝

Le rêve du stock picking
Le stock picking repose sur une idée simple : identifier les entreprises qui créeront le plus de valeur dans le futur.
Si un investisseur avait acheté des actions comme Apple, Microsoft ou Amazon il y a vingt ans, il aurait largement surperformé le S&P 500.
Le problème est évident : il est facile d’identifier les gagnants après coup.
En 2005, personne ne savait avec certitude quelles entreprises domineraient les décennies suivantes.
Pour chaque succès spectaculaire, des centaines d’entreprises autrefois prometteuses ont stagné, disparu ou sous-performé.
La difficulté n’est donc pas de trouver les gagnants d’hier, mais de trouver ceux de demain.
Une réalité souvent ignorée : peu d’actions créent l’essentiel de la performance
Une étude célèbre du professeur Hendrik Bessembinder a montré qu’une faible minorité d’actions est responsable de la quasi-totalité de la création de richesse en Bourse.
La majorité des titres affichent des performances inférieures aux bons du Trésor américains sur le long terme.
Autrement dit :
- Quelques entreprises génèrent des rendements extraordinaires.
- Beaucoup produisent des résultats médiocres.
- Certaines disparaissent complètement.
Le défi du stock picker consiste donc à identifier à l’avance cette petite minorité exceptionnelle.
Les professionnels eux-mêmes ont du mal à battre les indices
On pourrait penser que les gérants professionnels disposent d’un avantage.
Pourtant, année après année, une majorité de fonds actifs sous-performe leur indice de référence après frais.
Les raisons sont nombreuses :
- frais plus élevés ;
- erreurs d’analyse ;
- rotation excessive du portefeuille ;
- biais comportementaux ;
- difficulté à prévoir l’avenir.
Si les équipes de recherche composées d’analystes expérimentés peinent à battre le marché de manière durable, la tâche devient encore plus complexe pour un investisseur particulier.
L’avantage caché de l’ETF
Lorsque vous achetez un ETF Monde ou un ETF S&P 500, vous faites quelque chose d’assez particulier.
Vous possédez automatiquement :
- les gagnants d’aujourd’hui ;
- les gagnants de demain ;
- les entreprises qui remplaceront les leaders actuels.
Vous n’avez pas besoin de prédire quelles sociétés domineront dans vingt ans. L’indice effectue ce travail à votre place.
Les entreprises qui réussissent prennent progressivement plus de place dans l’indice. Les entreprises qui déclinent sont remplacées.
L’investisseur bénéficie ainsi d’un mécanisme d’adaptation automatique.
Les frais : un détail qui n’en est pas un
Supposons deux portefeuilles qui réalisent exactement la même performance brute.
- ETF : frais de 0,15 % par an.
- Fonds actif ou portefeuille fortement géré : 1,5 % par an.
L’écart semble faible.
Sur vingt ans, il peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros sur un portefeuille conséquent grâce à l’effet des intérêts composés.
Les frais sont l’une des rares variables que l’investisseur contrôle réellement.
Alors, faut-il abandonner le stock picking ?
Pas forcément. Le stock picking peut avoir plusieurs avantages :
- plaisir intellectuel ;
- meilleure compréhension des entreprises ;
- possibilité de surperformance ;
- sentiment d’implication plus fort.
Mais il faut reconnaître une réalité : La plupart des investisseurs ne battent pas durablement les indices.
Pour beaucoup, le stock picking ressemble davantage à une activité de passion qu’à une stratégie optimale de construction de patrimoine.
Une solution hybride souvent sous-estimée
De nombreux investisseurs adoptent finalement une approche intermédiaire :
- 80 à 90 % du portefeuille en ETF diversifiés ;
- 10 à 20 % consacrés au stock picking.
Cette méthode permet :
- de bénéficier de la robustesse des indices ;
- de limiter le risque d’erreur ;
- de conserver le plaisir de sélectionner quelques entreprises.
L’essentiel du patrimoine repose alors sur une stratégie éprouvée, tandis qu’une petite partie satisfait l’envie de rechercher des opportunités.
Ce que les investisseurs de long terme devraient retenir
Sur vingt ans, la vraie compétition n’oppose pas les ETF aux actions individuelles. Elle oppose surtout :
- la diversification à la concentration ;
- la discipline à l’émotion ;
- les faibles frais aux coûts élevés.
Oui, certains investisseurs battront largement les ETF grâce au stock picking. Mais la question n’est pas de savoir si c’est possible.
La question est de savoir combien y parviendront réellement pendant vingt ans, après frais, impôts et erreurs comportementales. Et sur ce terrain, les ETF ont un avantage difficile à ignorer.