Comment se forment les prix du pétrole ?

Comment se forment les prix du pétrole ?
Publié le 25 février 2026 par Merlin Mosnier

Le pétrole, l’or noir convoité depuis la révolution industrielle, fait souvent rêver les financiers.

Entre trading à court et long terme, marchés de gré à gré, contrats spot ou futures, il existe de nombreuses façons de créer de la valeur avec le pétrole.

Le baril d’or noir échangé sur les marchés n’a pas qu’une valeur financière, il est aussi un facteur de tensions géopolitiques et économiques. D’autant plus qu’il est présent dans le monde entier, avec plus de 160 types de pétrole.

Sur les marchés financiers, le pétrole est représenté par trois indices majeurs :

  • Le Brent, pétrole de la mer du Nord, référence pour environ deux tiers des transactions mondiales
  • Le West Texas Intermediate (WTI), référence pour le pétrole américain
  • Le Dubai Light, référence pour le marché asiatique et le Moyen-Orient

Il n’existe donc pas un seul prix mondial du pétrole. Néanmoins, une organisation joue un rôle important dans la régulation du marché : l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, plus connue sous le nom d’OPEP.

Elle regroupe une quinzaine de pays, dont l’Arabie saoudite, l’Iran, l’Irak ou encore le Venezuela, représentant environ 40 % de la production mondiale. Son objectif est de coordonner les politiques de production afin d’éviter une chute des prix et de préserver les revenus des pays producteurs. En 2016, son influence s’élargit avec la création de l’OPEP+, qui inclut d’autres producteurs majeurs comme la Russie, le Mexique ou la Malaisie.

Ces organisations influencent donc les exportations et, indirectement, le prix du pétrole qui dépend principalement de l’offre et de la demande, elles-mêmes influencées par des facteurs économiques, géopolitiques et financiers.

Comment l’offre de pétrole influence-t-elle les prix ?

La logique économique est simple : tout ce qui réduit la production mondiale tend à faire monter les prix.

Dans ce sens, les guerres ou les instabilités politiques dans des pays producteurs peuvent perturber la production ou les exportations, faisant grimper les prix, notamment lorsque le pétrole devient prioritaire pour la consommation intérieure du pays concerné. Les sanctions économiques peuvent produire le même effet, en limitant les exportations d’un pays producteur et en réduisant l’offre disponible sur le marché mondial.

Les catastrophes naturelles, comme les ouragans dans le golfe du Mexique, peuvent aussi endommager des plateformes ou des raffineries, réduisant temporairement la production et poussant les prix à la hausse.

Les quotas de production, notamment décidés par l’OPEP, jouent également un rôle clé. Si l’OPEP décide de réduire la production, l’offre mondiale diminue et les prix montent. Un exemple historique reste l’embargo pétrolier de 1973 mené par plusieurs pays producteurs contre les États-Unis et leurs alliés, événement que l’on appelle aujourd’hui le premier choc pétrolier.

À l’inverse, lorsque l’OPEP augmente ses quotas de production, l’offre mondiale progresse et les prix ont tendance à baisser. Cette baisse peut aussi être provoquée par l’exploitation de nouveaux gisements ou par l’amélioration des technologies d’extraction, qui augmentent la production disponible sur le marché.

Comment la demande de pétrole influence-t-elle les prix ?

La logique reste celle de l’offre et de la demande : lorsque la consommation mondiale augmente, les prix montent.

Une forte croissance économique entraîne une hausse de la production industrielle et des transports, ce qui augmente la consommation de pétrole. Une croissance démographique peut également accroître la demande énergétique globale, donc faire croître les prix du pétrole. Les périodes hivernales jouent aussi un rôle, car les besoins en chauffage augmentent la consommation d’énergie, donc la demande et le prix.

À l’inverse, des hivers doux réduisent les besoins énergétiques, entraînant une baisse de la demande et donc des prix. Les crises économiques peuvent produire un effet similaire. La crise financière de 2008, par exemple, a ralenti l’activité mondiale : moins de production, moins de transport, donc une baisse de la consommation de pétrole et une chute des prix.

La crise du Covid en 2020 illustre encore plus fortement ce phénomène. Les confinements ont provoqué un effondrement de la demande mondiale. Faute de capacités de stockage suffisantes, le prix du pétrole américain est même devenu temporairement négatif, les vendeurs payant pour se débarrasser de leurs stocks.

Enfin, le développement des énergies alternatives contribue aussi à réduire la demande de pétrole. Lorsque des pays utilisent davantage d’énergie nucléaire, solaire, éolienne ou développent les véhicules électriques, la consommation de pétrole diminue, ce qui pèse sur les prix.

Les facteurs financiers : des amplificateurs de prix

Le prix du pétrole ne dépend pas uniquement de l’offre et de la demande physique. Comme tout actif financier, il est aussi influencé par la spéculation.

Les investisseurs anticipent les évolutions futures du marché. Si l’on pense que la demande va diminuer, les prix peuvent baisser avant même que cette baisse ne se produise réellement. Par exemple, l’annonce de la construction de nombreuses centrales nucléaires ou le développement massif des énergies renouvelables peut pousser les investisseurs à anticiper une moindre consommation future de pétrole, ce qui entraîne une baisse des prix sur les marchés.

Les devises jouent également un rôle important, car le pétrole est coté en dollars américains. Lorsque le dollar baisse, le pétrole devient moins cher pour les pays utilisant d’autres monnaies, ce qui stimule la demande et peut entraîner une hausse des prix du pétrole.

Finalement, le prix du pétrole résulte d’un équilibre complexe entre offre, demande et anticipations financières, constamment influencé par l’économie mondiale et les événements géopolitiques.

Sources :