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Comment investir quand les marchés sont au plus haut ?

Comment investir quand les marchés sont au plus haut ?
Banque & FinanceBourseEn vedette
Publié le 19 juin 2026 par Nour Zeghdoud

À chaque nouveau record boursier, la même question revient : Est-ce vraiment le bon moment pour investir ? L’inquiétude est compréhensible.

Acheter après plusieurs années de hausse donne souvent l’impression d’arriver trop tard, juste avant une éventuelle correction.

Pourtant, cette réflexion repose souvent sur une confusion entre deux notions différentes : le niveau actuel du marché et son rendement futur à long terme.

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Un marché au plus haut n’est pas une situation exceptionnelle

Beaucoup d’investisseurs considèrent un record historique comme un signal d’alerte.

En réalité, dans un marché haussier de long terme, les records sont fréquents. Si l’économie progresse, que les entreprises innovent, augmentent leurs bénéfices et créent de la valeur, les indices boursiers sont naturellement amenés à atteindre régulièrement de nouveaux sommets.

Prenons un exemple simple. Un investisseur qui aurait refusé d’investir sur le S&P 500 parce qu’il était à son plus haut en 2013, 2017 ou 2021 aurait manqué plusieurs années de progression supplémentaires.

Un plus haut historique ne signifie pas nécessairement qu’un marché est surévalué. Cela signifie simplement que les investisseurs sont prêts à payer davantage aujourd’hui qu’auparavant pour détenir les entreprises qui composent l’indice.

Ce qui compte n’est pas le prix, mais la valorisation

L’erreur la plus fréquente consiste à penser qu’un marché est cher uniquement parce qu’il a beaucoup monté.

Or, une hausse des cours peut être parfaitement justifiée si les bénéfices des entreprises progressent eux aussi.

Pour évaluer si un marché est réellement tendu, les investisseurs regardent généralement des indicateurs de valorisation :

  • le ratio cours/bénéfices (PER) ;
  • le ratio cours/chiffre d’affaires ;
  • les marges des entreprises ;
  • les taux d’intérêt ;
  • les perspectives de croissance économique.

Un indice peut être à son plus haut tout en restant raisonnablement valorisé. À l’inverse, un marché peut avoir déjà fortement corrigé tout en demeurant cher si les bénéfices se dégradent rapidement. Le niveau absolu d’un indice donne donc peu d’informations à lui seul.

Les rendements futurs ont tendance à diminuer lorsque les valorisations sont élevées

C’est ici que le débat devient plus intéressant. Si les records historiques ne permettent pas de prédire une baisse imminente, les valorisations élevées ont souvent un impact sur les rendements futurs attendus.

Lorsque les investisseurs acceptent de payer très cher les bénéfices des entreprises, une partie de la performance future est déjà intégrée dans les prix. Historiquement, les périodes où les valorisations sont très élevées ont souvent été suivies de rendements plus modestes sur les dix années suivantes.

Cela ne signifie pas que le marché va chuter demain. Cela signifie simplement que le potentiel de performance peut être moins important que lors de périodes où les actifs étaient moins chers.

Autrement dit : Les valorisations influencent davantage les rendements futurs de long terme que les performances des prochains mois.

Le coût de l’attente est souvent sous-estimé

Face à un marché jugé cher, de nombreux investisseurs préfèrent attendre une correction.

Le problème est que cette stratégie implique deux décisions particulièrement difficiles :

  • savoir quand sortir ou ne pas entrer ;
  • savoir quand revenir.

    Même si une correction finit par arriver, rien ne garantit qu’elle ramènera les marchés sous le niveau auquel l’investisseur aurait pu acheter initialement.

    C’est ce qui explique pourquoi de nombreux investisseurs restent plusieurs années en liquidités en attendant un point d’entrée qui ne se présente jamais.

    Pendant ce temps, le coût d’opportunité s’accumule :

    • dividendes non perçus ;
    • croissance des bénéfices non captée ;
    • effet des intérêts composés retardé.

    Le risque d’attendre est souvent moins visible que le risque de perdre temporairement de l’argent, mais il peut être tout aussi important.

    Investir progressivement : une réponse plus psychologique que financière

    Lorsque les marchés semblent particulièrement élevés, l’investissement progressif (DCA) est souvent présenté comme une solution.

    D’un point de vue statistique, investir immédiatement une somme disponible a historiquement produit de meilleurs résultats dans la majorité des cas, simplement parce que les marchés montent plus souvent qu’ils ne baissent.

    Cependant, investir progressivement présente un avantage majeur : il réduit le risque émotionnel.

    Cette approche permet d’accepter plus facilement l’incertitude et limite le regret potentiel en cas de correction rapide après l’investissement.

    La meilleure stratégie n’est donc pas toujours celle qui maximise théoriquement le rendement, mais celle que l’investisseur est capable de suivre durablement.

    Ce que les investisseurs de long terme devraient retenir

    Pour un investisseur dont l’horizon est de plusieurs décennies, la question du « bon moment » est souvent surestimée.

    Les performances à long terme dépendent davantage :

    • du temps passé sur le marché ;
    • du montant régulièrement investi ;
    • des frais ;
    • de la diversification ;
    • de la discipline comportementale.

    Les marchés peuvent corriger après un record historique. Ils peuvent aussi continuer à progresser pendant plusieurs années. Personne ne le sait avec certitude.

    En revanche, ce que l’histoire financière montre de manière relativement constante, c’est que les investisseurs qui attendent le point d’entrée parfait finissent souvent par perdre quelque chose de plus précieux que quelques points de performance : du temps. Et en investissement, le temps reste l’actif le plus difficile à remplacer.