Actions growth vs value : quelle stratégie aujourd’hui ?
Pendant longtemps, l’investissement en actions a été résumé à un choix simple : croissance ou value. Les entreprises de croissance promettaient une expansion rapide au prix d’une valorisation élevée et d’une forte volatilité, tandis que les sociétés value offraient des prix jugés attractifs et un rendement plus prévisible.
Cette distinction a servi de repère pratique pour construire un portefeuille et gérer le risque. Pourtant, avec l’évolution des marchés et des modèles économiques, cette grille de lecture explique de moins en moins la performance réelle. La question n’est plus quel style choisir, mais ce que signifie réellement la valeur d’une entreprise.
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Une frontière devenue artificielle
Historiquement, la classification reposait sur des indicateurs simples : PER élevé pour la croissance, faible pour la value, dividendes d’un côté, réinvestissement de l’autre. Aujourd’hui, ces repères fonctionnent mal. Certaines entreprises combinent forte croissance, marges élevées et génération de trésorerie durable.
À l’inverse, certaines actions dites « value » restent bon marché parce que leur activité décline structurellement. Le marché ne valorise plus seulement les profits actuels, mais la capacité à produire des profits futurs fiables. Une action peut donc paraître chère sans être risquée, et bon marché sans être réellement intéressante.
Ce que les investisseurs paient vraiment
La distinction growth/value donne l’illusion d’opposer deux catégories d’actifs alors que les investisseurs paient toujours la même chose : la trajectoire future des flux économiques. Une entreprise de croissance devient value lorsque sa progression ralentit, tandis qu’une value redevient croissance lorsqu’elle retrouve un avantage compétitif.
Le style n’est pas une propriété permanente d’une entreprise, mais un jugement temporaire du marché. Growth et value ne décrivent pas la nature d’une société ; ils traduisent le degré de confiance accordé à ses profits futurs.
Le rôle déterminant des taux d’intérêt
Une grande partie de la rivalité historique entre croissance et value provient du contexte monétaire. Lorsque les taux d’intérêt sont bas, les profits lointains valent davantage et la croissance surperforme. Lorsque les taux montent, les flux proches deviennent plus importants et la value reprend l’avantage. La rotation entre styles reflète ainsi souvent la variation du prix du temps dans l’économie plutôt qu’un changement fondamental des entreprises.
Pourquoi cette opposition persiste
Cette opposition reste populaire parce qu’elle simplifie la prise de décision. Elle permet de comparer les fonds, de construire rapidement des allocations et de justifier une stratégie face à l’incertitude. Mais cette simplification a un coût : elle encourage à investir dans une catégorie plutôt que dans une réalité économique. L’investisseur finit par acheter un style au lieu d’acheter une entreprise.
L’erreur la plus fréquente
Beaucoup deviennent alors growth ou value en fonction du cycle récent : value après une bulle technologique, growth après une récession industrielle. La préférence suit souvent la performance passée plutôt qu’une analyse prospective. Le problème n’est pas de changer d’avis, mais de croire appliquer une stratégie alors qu’on réagit au contexte.
Une approche plus robuste : la qualité économique
Une approche plus robuste consiste à analyser la qualité économique : rentabilité du capital, durabilité de l’avantage concurrentiel, allocation du capital et résistance aux cycles. Une entreprise chère avec un rendement durable peut être moins risquée qu’une entreprise bon marché condamnée à stagner. La valeur n’est pas un prix bas, mais la capacité à créer de la richesse dans le temps.
Conclusion : la fin d’un faux duel
L’opposition entre actions de croissance et actions value n’est donc pas totalement fausse, mais elle est réductrice. Elle décrit surtout des comportements de marché face aux taux et aux cycles économiques. Sur le long terme, la performance ne provient ni d’un style ni d’une rotation bien anticipée, mais de la capacité à identifier des entreprises capables de maintenir durablement des rendements élevés. Growth et value ne sont pas deux stratégies : ce sont deux phases de perception d’une même réalité. L’investisseur n’achète pas une catégorie, il achète un futur crédible.